24 août
L’effet pervers de l’électricité verte
L’électricité verte qu’elle provienne de l’éolien ou du photovoltaïque a le vent en poupe et est très largement subsidiée par les états.

Cette subsidiation n’est pas sans avoir quelques effets absurdes, ainsi en Allemagne est apparu plusieurs fois le phénomène de prix négatifs ; ce qui signifie que l’on est payé pour acheter de l’électricité !
On a vu dans la nuit du 3 au 4 octobre 2009 le prix du MWh atteindre -500€ alors qu’habituellement il oscille autour des +40€.
Pour faire court c’est le distributeur d’électricité qui s’est vu contraint de payer l’acheteur pour parvenir à écouler sa marchandise … stupide n’est ce pas ?
Ce coût de -500€ le MWh est bien entendu un record mais sans en atteindre de tel sommet ce phénomène s’est reproduit près de 25 fois en 2009 et 4 fois cette année.
De plus pour en arriver là il faut la conjonction de deux phénomènes :
- une faible demande
- une production verte à pleine capacité (vents forts, ensoleillement maximal)
Il est à noter qu’en Allemagne, comme dans bon nombre de nos pays, les énergies renouvelables sont très largement subsidiées et plébiscitées.
En clair l’électricité issue de ces filières bénéficie d’une priorité pour être injectée et les revendeurs d’électricité sont obligés de l’acheter à un prix garanti et ce quelle que soit la demande finale.
Derrière ce mécanisme les gouvernements tentent de favoriser l’écoulement de l’électricité à ceux qui font l’effort d’investir dans ce secteur.
Mais voilà c’est le consommateur qui se retrouve avec une facture alourdie puisque la perte engendrée par le prix négatif se retrouve in fine dans la facture des citoyens.
Et alors à qui profite le crime ?
Car il y a bien entendu un gagnant malgré tout … pour le voir il faut se tourner vers les propriétaires de barrages hydraulique.
Ceux ci se font payer pour utiliser de l’électricité avec laquelle ils font tourner les pompes qui remplissent au maximum ces barrages.
Une fois le prix redevenu « normal » ils ne leur restent plus qu’à rouvrir les vannes et à produire une énergie gratuite pour eux … qu’ils feront payer à prix d’or !
Que retenir de cette situation ?
Tout d’abord avec l’engouement des énergies renouvelables ce genre de situation risque de se reproduire de plus en plus fréquemment si on y prend garde.
Ensuite que ce phénomène de prix négatif est un plaidoyer des défenseurs des énergies conventionnelles et surtout des centrales nucléaires.
Pour terminer il faut bien comprendre que le vent, magnifique pourvoyeur d’énergie verte, peut d’un jour à l’autre tomber de 0% à « plus qu’il n’en faut » en terme de production.
Il faut donc y adosser des centrales conventionnelle pour supporter les jours de carence et cerise sur le gâteau il serait bon de trouver le moyen de stocker une partie de cette électricité les jours de surproduction.
Bien entendu on pourrait arguer du fait qu’il suffirait de ralentir, voir d’arrêter certaines centrales conventionnelles lorsque le prix de l’électricité devient négatif mais attention ceci n’est pas sans inconvénient.
D’une part on peut très bien basculer d’un excès vers un autre et se retrouver en quelques heures en déficience et redémarrer ces centrales coûte très cher … certains préfèrent donc produire en pure perte !
Source: AFP





Rédigé par lorena, le 24.08.10 à 11:35
Article fort intéressant qui nous montre bien les limites de l’énergie verte et ses répercussions sur la facture des contribuables !
A lire cependant sur Knowtex, rapport mentionnant que 62 % de la production d’électricité installée en Europe en 2009 est issue des énergies renouvelables
http://knowtex.com/11609
Rédigé par Gizmo, le 24.08.10 à 17:09
M’en vais investir dans un bassin et une petite Pelton
Rédigé par Gizmo, le 27.08.10 à 11:41
@lorena : Oui, mais ça reste très peu par rapport à la puissance précédemment installée
. De plus, l’éolien gonfle les chiffres car il faut 3 fois plus de puissance installée en éolien par rapport à une autre énergie pour une production similaire !
On a également le même genre d’effet avec le solaire !
Rédigé par amilcar, le 11.09.10 à 16:22
Je suis d’accord avec l’article.
Le plus important dans l’énergie électrique , c’est quelle ne se stocke pas.
Il faut donc créer un système flexible production/demande très performant avant d’étendre l’utilisation des énergies vertes.
cela pour éviter les paradoxes ….
Rédigé par JDD, le 12.09.10 à 20:45
les propriétaires de barrages hydraulique se font payer pour utiliser de l’électricité avec laquelle ils font tourner les pompes qui remplissent au maximum ces barrages.
Hé oui l’eau est un bon moyen de stocker de l’électricité, peut être le plus écologique!
Adieu les batteries au plomb, les onduleurs à durée de fonctionnement limitées, vive l’eau!
En plus, je crois que l’eau offre de bien meilleurs rendements.
Rédigé par JDD, le 12.09.10 à 21:47
http://www.ecosources.info/dossiers/Station_stockage_transfert_pompage_turbinage
Il y a quand même des pertes d’énergie allant de 15% à 30% le rendement n’est pas si élevé finalement.
Pourquoi n’y a t’il pas plus de centrales marée motrices?
Avez vous vu comment ils comptent stoker 160 GWh avec un investissement de 6 milliards d’euros?
Rédigé par Gizmo, le 14.09.10 à 11:06
J’allais te le dire JDD, le gros problème du stockage grâce à l’eau, c’est le rendement ! Et je te parle pas de la place que ça demande… Puis l’eau, c’est également une ressource limitée, on l’utilise par exemple pour irriguer ! Si besoin d’irriguer, obliger d’ouvrir ton barrage et de produire à ce moment là…
Le potentiel hydroélectrique en Europe est assez bien utilisé… Pour les marées, c’est à creuser !
Rédigé par JDD, le 14.09.10 à 20:29
Ok mais pour de grosses énergies l’onduleur batterie n’offre guère mieux.
Pourtant pouvoir disposer d’une puissance de 25 GW à l’instant voulu offre de réel avantages.
De nuit on doit consommer beaucoup moins que de jour, je ne sais pas trop comment est gérée la puissance dans le nucléaire mais il me semble que tourner sans relâchement doit les fatiguer d’avantage.
Rédigé par Gizmo, le 14.09.10 à 20:38
Dans le nucléaire tu n’es pas toujours à puissance max, mais tu ne fais pas de suivi de crête, tu fais de la planification de production plutôt, tu vois la différence ?
Tourner sans relâche, pas vraiment un problème, mais un réacteur qui fonctionne moins souvent, s’use moins vite c’est sûr
Rédigé par JDD, le 14.09.10 à 21:05
Oui je vois la différence et ils peuvent également tenir compte de l’évolution des ventes des appareils électroménager.
A défaut de ne pouvoir importer du courant d’autre pays, je sais que l’EDF et amenée à bruler du charbon, du gaz et même du fioul si le pic de consommation est très important.
http://www.sequovia.com/actualites/2165-les-pics-de-production-electrique-un-probleme-technique-et-environnemental.html
Rédigé par JDD, le 14.09.10 à 21:40
Pour info:
Il faut 2 à 3 jours pour démarrer une centrale nucléaire.
Rédigé par Gizmo, le 17.09.10 à 14:41
Oui mais sauf pour les maintenances, on ne l’arrête jamais complètement ! Et 3 jours ça me paraît bcp quand même !
Rédigé par jcg78, le 07.10.10 à 10:12
Bon article…
Pour revenir aussi sur différents commentaires :
• quand on doit assurer l’alimentation électrique de 60 millions d’habitants, seule une planification totale permet de tenir ses engagements.
• donc les énergies, renouvelables certes, mais à la capacité totalement aléatoire ne peuvent être une solution…
• pour l’hydraulique, qui est une bonne solution, il faut cependant posséder le relief adéquat, donc peu existant dans les pays plats, et limité même dans un pays possédant des montagnes comme la France…
• surtout quand les mêmes écolos qui dénoncent les autres types de production d’énergie, se battent au même moment pour empêcher la construction de nouveau barrages…
• quand ils ne se battent pas pour empêcher l’installation d’éoliennes ou de capteurs solaires…qui dénaturent le paysage… !!!
Peut-être qu’en France nous avons les écolos les plus cons du monde, et qu’ils sont beaucoup plus positifs ailleurs ?
Mais ce que l’on peut retenir de cette article c’est que seul une concertation générale (en Europe) et une régulation plus pointue et intéractive avec les « utilisateurs » permettra de mieux gérer l’énergie, de ne pas la gaspiller, et de la produire avec le minimum de pollution.
Mais qui acceptera de payer un peu plus cher son énergie, et de modifier son comportement de consommateur ???
En France je ne sais pas, et je ne vois rien venir…
Les consommateurs veulent de l’énergie de moins en moins chère, n’acceptent pas que les prix puissent varier suivant les coûts réels, et ne sont pas prêts de faire des efforts pour ne pas brancher le grille-pain ou la TV aux heures de pointe.
Les premiers retours sur les essais de compteurs « intelligents » sont édifiants !!!
Tous les idées les plus fausses sont mises en avant pour surtout ne pas modifier ses petites habitudes, et au meilleur prix bien entendu…
La première « vraie » bataille pour un « bon » écolo est celle de la limitation, voire de la baisse de la consommation.