[Dossier] Tout savoir sur l’éclairage économique

Depuis la disparition des ampoules à incandescence, remplacer une ampoule est maintenant parfois équivalent à un casse tête, plusieurs technologies, plusieurs fabricants, une méconnaissance des normes et une peur de ne pas retrouver un éclairage équivalent. Il y a aussi maintenant des achats non pas poussés par la nécessité de remplacer mais aussi par l’envie de réduire sa consommation électrique, alors vient la question du retour sur investissement également. Bref, toutes ces interrogations nous ont poussé à contacter des professionnels du domaine pour avoir réponse à vos questions ! C’est donc avec plaisir que «Philips éclairage», leader du marché en Belgique, nous a reçus dans ses locaux pour répondre à toutes nos questions et construire avec nous ce dossier.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, un petit rappel théorique s’impose :

Comment mesure-t-on l’intensité lumineuse ? En candela
Comment mesure-t-on le flux lumineux ? En lumen, c’est le produit de l’intensité lumineuse et de l’angle solide en stéradian. On ne va pas rentrer trop dans les détails techniques mais il s’agit là du produit de l’intensité et de l’angle de diffusion de la lumière.
Dès lors, une ampoule peut présenter un flux lumineux identique et être beaucoup plus directionnelle, c’est le cas d’une lampe de poche par exemple. C’est cette unité qui est utilisée le plus souvent pour comparer les ampoules entre elles.
Qu’est-ce que l’indice de rendu de couleur ? Le pourcentage du spectre lumineux total rendu par l’ampoule. Certaines ampoules ne rendent pas la totalité du spectre de couleurs et on perd donc certaines nuances, cela explique par exemple pourquoi on préfère toujours essayer des vêtements à la lumière du jour avant de les porter, afin de s’assurer qu’on aura pas de mauvaises surprises. Un exemple plus parlant d’ampoules qui ont un très mauvais rendu des couleurs, ce sont les ampoules des autoroutes en Belgique, très performantes en termes d’énergie consommée pour le flux lumineux donné mais il est très difficile sous ces ampoules de déterminer la couleur exacte d’un véhicule.
Enfin qu’est-ce que l’éclairement lumineux ? Il s’agit du flux lumineux par unité de surface soit des Lux = Lumen/Surface qui ne sera pas détaillée ici mais cela tient donc compte de la surface que vous souhaitez éclairer.

Passons maintenant aux choses sérieuses, sur quels éléments se baser lors de l’achat d’une ampoule de substitution ?

Il y a cinq facteurs à observer lors du choix d’une ampoule :

– La forme : évidemment il vous faudra choisir une ampoule dont le culot est identique au vôtre et également une forme qui est identique à celle de l’ancienne ampoule ou du moins convient à votre luminaire. Ce n’est pas un facteur déterminant mais certaines technologies ne proposent pas toutes les formes et donc parfois vous serez limités dans vos choix.

– La température de couleur : on parle de température de couleur pour la lumière pour indiquer la coloration de celle-ci, les températures chaudes sont caractéristiques d’une lumière à reflets jaunes alors que les températures froides sont des lumières bleutées que l’on retrouvait avant dans les premières LEDs. Attention, l’échelle est inversée par rapport à la chaleur car ici plus la température est élevée, plus les couleurs sont froides et inversément.. Les lampes à incandescence sont considérées entre 2400 à 2700 K. Le but des constructeurs était donc d’arriver à produire des lampes de substitution avec cette température de couleur à laquelle nous sommes accoutumés. A l’heure actuelle, ce ne sera pas un facteur déterminant dans le choix d’une ampoule car tous les constructeurs visent cette plage de température. Toute la gamme d’ampoule Philips par exemple possède une température de 2700K. Il faut donc uniquement se méfier à quelques ampoules de première génération mais également de certains constructeur qui proposent des ampoules à 4000 K plus froides (bleutées) qui sont appréciées dans les pays plus au sud pour leur impression de fraîcheur.

– Indice de rendu de couleur : les ampoules à incandescence possédaient un IRC de 100%, néanmoins cette valeur n’est pas nécessaire dans toutes les activités et n’est requise que pour des activités comme le graphisme par exemple. Un IRC de 80% est largement suffisant pour vos activités domestiques, à part p-e lorsque vous choisissez vos vêtements ;-). Là encore beaucoup d’ampoules proposent un IRC suffisant, ce ne sera pas non plus le facteur déterminant.

– Le flux lumineux : Il s’agit là du facteur le plus déterminant ! En effet, le but est d’obtenir un flux lumineux équivalent à votre précédente ampoule. Typiquement pour une ampoule à incandescence de 60W, le flux lumineux est de 600 lumens car il y a un facteur d’environ 10 lumens par watt pour une ampoule à incandescence. Il faut donc chercher une ampoule qui émet au moins 600 lumens pour une consommation la plus faible possible. On renseigne donc souvent sur les packagings «l’équivalent incandescence».Attention néanmoins, il se peut que l’information donnée sur le packaging soit erronnée. En effet, il existe actuellement des standards mais aucun contrôle systématique. Les contrôles sont effectués suite à des plaintes introduites par les concurrents, le régulateur espère donc que les concurrents se surveillent mutuellement.

– Le label énergétique :

On trouve maintenant sur les emballages la classe énergétique des ampoules. Progressivement les ampoules de classe les plus basses disparaissent pour laisser place aux nouvelles classes A+ et A++ introduites en 2013. Attention les classes sont parfois des obligations, une ampoule matte par exemple doit être au minimum de classe A.

On souhaitait avoir l’avis de Philips sur la disparition des ampoules à incandescence car en juillet 2009 nous parlions notamment de propositions novatrices comme les « Philips Lightning’s Halogena Energy Savers », la recherche sur les ampoules à incandescence était donc toujours d’actualité. Voici leur avis :

Philips soutient bien sûr l’obligation de réduction des consommations mais certaines solutions sur l’halogène sont encore intéressantes, surtout pour des applications spécifiques d’autant que les dernière générations d’halogène (Ecohalo de Philips) réduisent la consommation jusqu’à 30%. Ces ampoules ont certains avantages : démarrage instantané, meilleur rendu de couler et dimmables (les CFL ne sont pas dimmables par exemple). Toutes les ampoules spéciales sont exclues de la législation, on parle des ampoules de hotte, frigo etc. et donc il reste intéressant de développer des ampoules moins énergivores pour ces applications.

Passons maintenant à une question fondamentale, quelles sont les différences majeures entre les deux technologies basse consommation : LED et CFL ?

Premièrement, il faut savoir que ces deux technologies sont à peu près équivalentes sur l’économie d’énergie. Le LED présente néanmoins certains avantages : démarrage instantané, durée de vie plus longue, pas d’émission de radiations (UVs et infrarouges) donc pas de chaleur radiative, pas de problème de champ magnétique (même s’ils sont considérés comme non nocifs), résistance aux chocs et aux vibrations, pas de mercure, un nombre d’allumages/extinctions plus élevé. Vous l’aurez compris, avec tous ces avantages, la technologie LED est destinée à dominer le marché par rapport aux CFLs tout en offrant plus de libertés au niveau du design ! Les perspectives indiquent une part de marché de 75% en 2020.

A propos des risques pour la santé dont sont parfois accusées les CFL, évoqués juste avant, voici ce qu’une étude scientifique a conclu :

Ils concernent une exposition à une distance de moins de 20cm, pour des personnes sensibles, risque très limité donc.

On va maintenant s’intéresser aux performances des ampoules LEDs :

– La température de couleur : comme dit précédemment, on arrive maintenant à avoir une température de couleur de 2700K, similaire à l’ampoule à incandescence. Cela peut toutefois être réalisé de deux manières différentes. Soit on utilise une combinaison de LEDs RGB (rouge, vert bleu) pour obtenir la lumière souhaitée, soit on utilise une LED bleue recouverte d’une couche de phosphore. C’est la qualité de la couche de phosphore qui détermine la qualité de la LED, c’est cette solution qui est retenue par Philips pour toutes les ampoules LEDs blanches. Les ampoules à couleur variables sont elles bien entendu une combinaisons de RGB.

– Indice de rendu de couleur : l’IRC des LEDs actuelles est de 80, les LEDs qui seront prochainement sur le marché possèderont un IRC de 85, il reste donc une marge de progression même si comme dit précédemment, ce n’est pas requis par tous les types d’activités.

– Le flux lumineux : un petit «truc» pour savoir si votre LED rendra bien le flux indiqué sur l’emballage, c’est de considérer la performance des LEDs comme entre 50 et 65 lumens par watt, déperdition de l’optique protégeant la LED comprises. Pour une ampoule à incandescence, on était plutôt à 10 lumens par watt. Vous l’aurez donc compris, vous allez pouvoir réduire la consommation par un facteur de 5 à 6,5 en passant d’une ampoule à incandescence vers une LED. Méfiez-vous donc, une ampoule de 6 watts LED ne pourra probablement pas vous offrir le même flux lumineux qu’une ampoule à incandescence de 60 watts dans l’état actuel de la technologie ! Au début des LEDs, certains fabricants trompaient le client en affichant la performance de la LED, sans tenir compte de l’optique autour, sur la LED seule, on peut obtenir un flux jusqu’à environ 100 lumen par watt dans les tests en laboratoire. Pour vous aider à vous repérer, voici un tableau fourni par Philips :

Comme on sait que cela compte pour certains, nous avons demandé où sont fabriquées les ampoules Philips ?

Philips possède des usines un peu partout dans le monde, en Europe et en Asie, les ampoules vendues chez nous viennent principalement de Pologne ou de Chine.

Nous sommes un blog sur l’énergie, mais on s’intéresse beaucoup aux nouvelles technologies. On a remarqué que sur internet, on parle beaucoup des ampoules Hue, encore méconnue par chez nous car absente en magasin, vendues principalement en ligne. Est-ce que ce type de produit rencontre un grand succès ? Pensez-vous que ce type d’éclairage connecté va se généraliser, se démocratiser ?

Le marché des ampoules passe de simples produits à une solution complète. Ce type d’éclairage présente plusieurs avantages : changement de couleur, utilisation à distance, timers, dimmables. On pourrait donc imaginer programmer un réveil en douceur via l’éclairage comme le font les wake-ups light.

Voilà, c’était tout ce qu’on voulait vous communiquer pour les ampoules économiques, comme d’habitude on attend vos commentaires/suggestions/questions sur notre article afin de faire évoluer celui-ci et on vous laisse également découvrir une petite vidéo sur les ampoules Philips.

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