27 nov
Sables bitumineux
Le pétrole se fait plus rare et les compagnies pétrolières sont à la recherche effrénées d’alternatives énergétiques.
Bien sûr il y a les énergies renouvelables mais les investissements sont conséquents et certains rendements aléatoires puisque dépendant pour certains du vent, pour d’autres du soleil.
Il existe pourtant une autre source d’énergie dont nous avions vaguement parlé sur le site (ici et là) il s’agit des sables bitumineux.
On estime la part exploitable à 41 milliards de tonne équivalent pétrole (tep) soit environ 40 ans d’autonomie si on remplace notre consommation de pétrole par les sables bitumineux.
Alors serait ce une nouvelle ère ?
Tout d’abord qu’est ce que ce brol bitumineux ?

Ces sables bitumineux sont principalement situés sous une forêt boréale au Canada à une profondeur de plus de 50m.
Donc pour commencer l’exploitation il faudra d’abord raser la forêt …

Ensuite pour exploiter le pétrole contenu dans ces sables il faut utiliser de l’eau chaude selon le procédé de Karl Clark ; on estime que pour produire 1l de bitume il faut 4 à 5 l d’eau.

Sachant qu’il faut traiter 4 tonnes de sable pour produire un barril de pétrole je vous laisse imaginer le volume d’eau nécessaire à l’extraction…

Soyons positif … si si … on va essayer tout du moins financièrement parlant!
Le gouvernement canadien va investir 25 milliards de $ d’ici 2020 pour exploiter cette ressource ce qui devrait créer 44 000 emplois et générer un profit de plus de 100 milliards de $.
Maintenant il reste à savoir qui va réellement profiter de ces milliards ?
Je parierais bien ma culotte que ce ne seront pas les indigènes, pari tenu ??
Soyons un peu lucide maintenant…
La production d’un barril de pétrole issus de ces sables est très gourmande en énergie, on estime que pour produire un seul baril de pétrole provenant des sables bitumineux il faut brûler l’équivalent de un tiers à deux tiers de baril de pétrole.
Ajoutons y un impact environnemental des plus catastrophiques et vous obtenez le magnifique cocktail de l’énergie que vous lèguerez à vos enfants.
Alors au lieu d’investir des milliards dans un puits ne devrait on pas plutôt investir dans la recherche d’une alternative durable ?
Chiffres via La planète dort au gaz




Rédigé par Tweets that mention Sables bitumineux | Energethique -- Topsy.com, le 27.11.09 à 10:34
[...] This post was mentioned on Twitter by Blog Energethique, Gizmo_ben. Gizmo_ben said: RT @Energethique Sables bitumineux http://bit.ly/5Sm7y0 RT please [...]
Rédigé par Blah!, le 27.11.09 à 10:47
Tiens, tu ne mets plus de strings ?
Au lieu de parier ta culotte, on veut ton string léopard !
Rédigé par iryx, le 27.11.09 à 12:52
Personnellement j’avais des chiffres un peu moins durs soit 2 tonnes de sables bitumineux au lieu de 4 pour produire un baril de pétrole et une consommation comprise entre 2 et 5 barils d’eau douce pour un baril de pétrole.
Sur le fond, ça ne change rien évidemment, ça reste un vrai scandale. Selon « Vu du ciel » sur la fin du pétrole diffusé mercredi soir sur France 3 et la veille à la RTBF, c’est l’équivalent de la superficie de la Belgique de forêt boréale qui a été déjà été rasée en Alberta…
Si il ne faut retenir qu’un chiffre, c’est peut être que, en moyenne, un baril de pétrole produit à partir de sables bitumineux produira globalement 3x plus de gaz à effet de serre qu’un baril classique… C’est dire!
http://foe.thetarsandsblow.org/
Rédigé par jcg78, le 29.11.09 à 21:13
« Je parierais bien ma culotte que ce ne seront pas les indigènes, pari tenu ?? »
Sans faire d’allusion à la culotte, c’est déjà fait, je parlerais plutôt de la seconde partie de la phrase. C’est qui les indigènes canadiens ? Quant à l’émission de France 3, le regard porté ce sur problème bien réel était beaucoup trop partial, et desservait plutôt le sujet. Allez jetons nous sur le pétrole produit de manière classique.
Rédigé par Bonfire, le 29.11.09 à 21:45
D’après Wikipedia il s’agit des amérindiens de fort Mc Kay et fort Mc Murray … mais je ne fais que répéter bêtement ce que je viens de lire !
Quand je parlais des indigènes je voulais simplement pointer sur le fait que les désagréments (et c’est peu dire) engendrés ne profiterons pas à la population locale.
Comme d’hab’ en fin de compte…
Rédigé par iryx, le 30.11.09 à 10:55
En fait je n’ai pas vu le sujet entier, j’ai juste pris quelques secondes au passage donc je ne peux pas juger du fait que le reportage était ou pas orienté…
En attendant, ne nous jetons pas sur le pétrole produit de manière classique non plus, on s’entend!
Rédigé par jcg78, le 30.11.09 à 11:28
Ayant fait un grand pas vers la « consommation verte », je n’utilise plus que du pétrole « BIO » aujourd’hui.
Rédigé par Gizmo, le 30.11.09 à 11:43
Le pétrole BIO est également sujet à controverse, il faut contrôler son origine !
Rédigé par anthonynelzin, le 30.11.09 à 17:03
Ouais enfin non Bonfire, McKay et McMurray, ça fait un peu longtemps
Bon, le teach’ Nelzin qui est censé être spécialiste de l’Ouest canadien doit parler, quoi
Alors, si tu voulais parler d’« indigènes », plutôt désigné par le nom de « peuples premiers », « natifs » et autres périphrases en Amérique du Nord, il faudrait parler des Indiens, mais, beaucoup plus, des Métis, c’est-à-dire des descendants d’Indiens et de Blancs, francophones et anglophones.
L’exploitation des sables bitumeux en Alberta est une véritable manne pour le Canada. Il faut y voir non pas la trahison d’une pensée écologique qui est née en Amérique du Nord avant l’Europe (oui, je sais, ça paraît dur à croire, mais allez voir ce qui se fait en Californie depuis 45 ans), mais plutôt un moyen pour le Canada de se donner le moyen de ses ambitions politiques et diplomatiques sur le plan international, avec comme principal enjeu la mise en valeur de l’Ouest (pétrole en Alberta, céréales en Saskatchewan, mines au Yukon), et la suprématie militaire sur le passage du Nord-Ouest, cette route du Pôle Nord qui se dégage au fur et à mesure de la fonte des glaces, appartient officiellement au Canada, mais qu’Etats-Unis et Russie lorgnent. L’exploitation de ses sables fait pousser de véritables villes-champignon en Alberta (où les champignons sont des grattes-ciel), à tel point que pour certains, le Canada pourrait bien devenir la nouvelle Arabie Saoudite, et imposer par l’énergie ce qu’elle n’a pas su imposer par sa diplomatie consensuelle et multilatérale.
Comme quoi aujourd’hui, tout enjeu énergétique est forcément lié à un enjeu géostratégique…
Rédigé par iryx, le 30.11.09 à 17:24
Hello teach’ Nelzin!
Je profite d’avoir quelqu’un qui semble connaître son sujet pour poser une question qui me taraude depuis un moment maintenant. Admettons que la pensée écologique soit née en Amérique du Nord, et après tout, Greenpeace est né là-bas, est-ce que cette pensée écologique ne manque pas cruellement d’un versant politique? De ce que j’en perçois, et je n’ai jamais visité le continent américain, j’ai l’impression que c’est beaucoup centré sur l’action individuelle, sans jamais vraiment remettre le système politique et économique dans lequel tout ça se déroule.
Je me trompe?
A l’inverse, en Europe, et plus particulièrement en Belgique, chaque citoyen prend finalement assez peu d’initiatives personnelles et se laisse un peu porter mais on a les organisations et les partis qui tentent, avec un certain succès, d’imposer à grande échelle des politiques plus écologiques.
Rédigé par Bonfire, le 21.05.10 à 14:37
Le chef de la NASA, Mr. Hansen, demande à l’actionnaire principal de la Statoil (compagnie pétrolière de l’État norvégien) en l’occurrence l’état norvégien de mettre un terme à l’exploitation des sables bitumineux dans l’Alberta (Canada).
M. Hansen, connu pour ses positions bien arrêtées sur les changements climatiques, y fait valoir qu’un pays petit et progressiste comme la Norvège devrait être plus enclin à prêcher l’exemple que d’autres états.
Wait and See …
Rédigé par anthonynelzin, le 21.05.10 à 14:48
@iryx : bon, ça fait longtemps, mais non, cette pensée ne manque pas d’un versant politique, elle est née d’un mouvement politique — c’est d’ailleurs pour cela que l’on critique si fort Greenpeace, parce que c’est avant tout un lobby politique, qui utilise des méthodes assez fortes, souvent très, très criticables (quand ils ne déforment tout simplement pas la vérité, ce qui fait du mal à la cause en termes d’images, et je dis ça alors qu’un membre de ma famille bosse assez haut chez eux). Oui, l’écologie aux US passe par l’individu, mais comme tous aux US : l’action individuelle est le moteur, le législateur devrait au mieux ne rien avoir à faire — en Europe, nous concevons le rôle de l’Etat de manière bien différente, comme cadre à l’action individuelle. Mais il fait : la Californie est aujourd’hui en pointe dans le domaine de l’écologie, parce que c’est un état qui sait à quel point le milieu est important. Le jour où la Californie est à court d’eau, c’est la guerre.
@Bonfire : tient, intéressant, ça. Comme tu dis, va vraiment falloir regarder ce que ça donne, mais venant du chef de la NASA, je me demande jusqu’à quel point ce n’est pas un acte politique (je rappelle que les US et le Canada sont très intégrés et très potes, mais qu’au Nord de cette partie du Canada, les US et le Canada sont concurrents dans la guerre à l’accès au passage du Nord-Ouest).
Rédigé par Du sable dans votre moteur ? | Energethique, le 31.05.10 à 08:12
[...] vous en en parlait là sur le blog … et déjà ça ne sentait pas bon le sable chaud [...]
Rédigé par Y a de l’eau dans le gaz … | Energethique, le 21.06.10 à 06:07
[...] un lapin garou … un peu à l’image des sables bitumineux dont nous vous parlions ici et [...]