Les technologies de l’information sont elles respectueuses de l’environnement ?

Je lisais dernièrement un article arguant du fait que l’IT était un véritable gouffre énergétique et il est vrai que si l’on s’arrête en première lecture on pourrait se dire que la multiplication des serveurs tournants sans fin à attendre notre passage sont autant de kW jetés dans le vide.

En réaction on voit et on entend de plus en plus parler de Green IT ou de Green Computing (Eco-TIC en français) mais ne vous leurrer pas bien qu’à la mode cette tendance n’est absolument pas nouvelle.

On voyait ainsi fleurir dans le début des années 1990 des ordinateurs estampillé Energy Star, label lancé par l’Environmental Protection Agency visant, déjà à l’époque, à réduire les émissions à effet de serre.

Le problème du Green IT est de pouvoir mesurer la performance énergétique des équipements informatiques.

De plus une chose que nous ne pouvons nier est la que cette technologique est grande consommatrice d’électricité, ainsi quelques chiffres glanés sur Wikipédia indiquent :

  • Les techniques de l’information et de communication (TIC) consomment 13,5% de l’électricité en France. Elles sont responsables de 5% des émissions de CO2 de la France.
  • La consommation électrique des micro-ordinateurs augmente de 5% tous les ans
  • La consommation des centres d’exploitation a augmenté de 13% en 2007
  • L’électricité représente 10% du budget des DSI
  • La facture électrique des ordinateurs (sur leur durée de vie) est désormais supérieure au coût d’achat
  • Entre 2000 et 2005, la consommation électrique des centres d’exploitation a doublé dans le monde et, d’ici 2010, rien qu’aux États-Unis, il faudrait consacrer dix nouvelles centrales électriques pour répondre à l’augmentation de leur consommation.
  • Taux d’utilisation moyenne d’un serveur : < 6% (pour 30% des machines installées, <3%), mais les chiffres varient : d’autres sources indiquent un taux d’utilisation moyen d’un serveur autour de 20%, en raison des différences entre types de serveurs : 5 à 10% pour serveurs Intel, 20 % sous Unix, entre 50 à 60% sur serveurs IBM et plus de 90% sur grands systèmes, la moyenne donnant environ 20%).
  • Taux d’utilisation d’un centre d’exploitation : 56% de son potentiel

Que faut il en retenir ?

L’IT est un ogre d’électricité mais il faut également relativiser toutes ces données, que coûte l’impression et la distribution de votre journal alors que vous pourriez le lire sur votre ordinateur.

Quel est le bilan entre un achat réalisé dans un magasin climatisé et éclairé par rapport à une commande par internet ?

On doit cependant aussi tenir compte d’un facteur caché et non négligeable qui est l’exportation des habitudes peu écoresponsables des pays riches vers les pays émergents.
En effet la globalisation et la mondialisation font qu’aujourd’hui votre antipode (vous savez l’habitant juste en dessous de vos pieds, mais non pas l’étage plus bas …) peut lui aussi jouir du même pouvoir de (sur)consommation, tout comme nous !

Que penser aussi de la possibilité d’importer aussi simplement qu’un clic de souris un article quelconque provenant de l’autre côté de la planète ?

Comme vous pouvez le constater le débat est large et très difficile à cerner, il n’empêche certain grand de l’internet prennent des mesures.

Ainsi pour n’en citer qu’un seul, Google a pris la bonne direction et gageons que ce n’est qu’un début.

Une chose est certaine c’est que le débat est difficile et que la vérité ne se trouve certainement ni d’un côté ni de l’autre mais juste au milieu.

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14 réponses à cet article.

  1. Twitted by Gizmo_ben's Gravatar

    Rédigé par Twitted by Gizmo_ben, le 16.10.09 à 18:33

    [...] This post was Twitted by Gizmo_ben [...]

  2. iryx's Gravatar

    Rédigé par iryx, le 17.10.09 à 12:13

    Effectivement, ça ouvre le débat!

    La tendance verte du secteur IT s’intensifie effectivement avec de nombreuses technologies et normes (notamment 80Plus pour le rendement des alimentations) et même parfois des gammes vertes (je pense aux disques durs EcoStar chez Samsung qui tournent à 5400 tr/min par exemple). Globalement, on sent qu’il y a un effort même si certains signaux sont inquiétants (la puissance et le besoin de refroidissement croissants des processeurs chez AMD pour ne citer que ce que j’ai pu voir). Pour tout ce qui est professionnel et entre-autres les serveurs qui peuplent les data-centers, les fabricants tendent aussi à diminuer la consommation électrique même si c’est souvent plus dans une démarche économique qu’écologique mais peu importe la motivation si le résultat va dans le bon sens!

    Après, si on étend les tentatives d’analyses aux conséquences de l’usage des TIC, c’est fort discutable. Difficile d’évaluer ça à l’œil mais est-ce qu’une commande par internet a un meilleur bilan carbone qu’un déplacement individuel au magasin? Vu le nombre de petits transports que la logistique des commandes internet impose, j’aurai tendance à penser que non. D’autant plus que tout ça se fait en flux tendu avec des délais qui tendent vers un minimum et donc une optimisation beaucoup plus faible que si c’est une distribution à très large échelle bien planifiée. Par contre, par Internet, inutile de se déplacer pour comparer les prix.

    Aux éléments cités, j’ajouterai qu’il serait stupide de ne juger les TIC que sur leur performances écologiques. Internet reste un outil majeur d’émancipation intellectuelle. Il permet un accès facile à l’information et un meilleur contrôle démocratique. On pourrait d’ailleurs envisager dans le futur une démocratie participative plus directe et plus immédiate que d’aller simplement voter pour des représentant de temps en temps. Avec les risques que ça comporte: propagande, manipulations, ambiance de référendum permanent, …

    Pour ce qui est du campus Google, pour moi c’est plus de la communication avec un zeste de greenwashing qu’autre chose. A part l’idée des chèvres qui est assez audacieuse pour un groupe technologique, on reste dans le politiquement correct…

  3. Bonfire's Gravatar

    Rédigé par Bonfire, le 17.10.09 à 12:27

    On a les lecteurs qu’on mérite … et là à travers le commentaire d’iryx je dis merci pour ces précisions.

  4. Green IT's Gravatar

    Rédigé par Green IT, le 19.10.09 à 08:57

    Je pense que vous passez à côté de deux sujets essentiels en réduisant le Green IT à la consommation d’énergie :
    - la gestion des déchets électroniques (DEEE),
    - l’effet de levier positif des TIC sur l’environnement (pensez aux sites de co-voiturage par exemple).
    Une quarantaine d’entreprises spécialistes du domaine et des groupes de réflexion nationaux ont forgé une définition officielle du Green IT, publiée ici :
    http://www.greenit.fr/article/acteurs/green-it-tentative-de-definition

  5. JKB's Gravatar

    Rédigé par JKB, le 22.10.09 à 12:36

    On oublie un aspect important de la chose, à savoir que les infrastructures IT impliquent presque toujours une réduction drastique du volume de papier utilisé ou des déplacements de documents et/ou de personnel. Exemple simple: un télétravailleur c’est une personne de moins sur les routes.

    Je travaille dans une PME de services informatiques et de webhosting, nos postes de travail sont des eeeBox sur écrans plats, l’éclairage est en CFL, la comptabilité se fait autant que possible sans papier… et surtout nos serveurs sont configurés pour une consommation électrique la plus basse possible pour une raison très pragmatique: l’électricité en datacenter coûte très cher!

    Les chiffres cités me dérangent un peu, surtout « Taux d’utilisation moyenne d’un serveur » qui distingue des « serveurs Intel », des « serveurs sous Unix », des « serveurs IBM » et des « grands systèmes » (je suppose qu’on parle là de vénérables mainframes qui nécessitent quand même leur générateur propre tellement ce sont des gargantuas), y’a pas emmêlement de pinceaux quelque part?

  6. Green IT's Gravatar

    Rédigé par Green IT, le 23.10.09 à 10:37

    @JKB : je ne suis pas d’accord avec ton approche sur le papier. Pour « dématérialiser » les supports papiers, il faut les re-matérialiser sous la forme d’octets sur des disques durs. Et pour accéder à ces documents, il faut un PC, un écran, etc. On ne fait que déplacer un type d’impact environnemental vers un autre type d’impact. Et aucune étude sérieuse ne démontre pour l’instant les gains de la dématérialisation pour l’environnement.

    D’autre part, le télétravail est très souvent une bonne solution, mais pas toujours. En dehors des grandes villes par exemple, les gens déposent souvent leurs enfants à l’école avant d’aller au boulot et les reprennent le soir en rentrant du boulot. Donc le bilan n’est jamais d’un gain de 100%. A priori les gains les plus nets sont sur les déplacements moyen et long courrier (avion) pour des séjours courts. A condition d’utiliser des technologies existantes (le réseau existant, le poste de travail existant, etc.).

  7. iryx's Gravatar

    Rédigé par iryx, le 23.10.09 à 12:17

    Difficile à chiffrer mais pour ce qui est du télétravail et du remplacement de réunions réelles par des vidéoconférences, il y a forcément un gain. Bien sûr, comme les gens essayent de combiner leurs trajets, ça n’est jamais 100% mais malgré tout, ça n’est pas négligeable, même si ce n’est que partiel. Et puis, on met souvent ses enfants dans une école relativement proche. Par contre, on ne s’étonne pas de parcourir quotidiennement des dizaines de kilomètres vers et depuis son lieu de travail; une conséquence des politiques de zonings qu’on perpétue toujours aujourd’hui, avec un manque de vision à long-terme qui me parait flagrant… Ça peut être intéressant si, par exemple, les industriels se groupent, entre fournisseurs et clients d’une même filière mais en praitque c’est une autre histoire. Et que dire alors des zonings et centre commerciaux géants? On trouve à peu près tout sur le même lieu, certes, mais on oblige aussi tout le monde à de plus grands déplacements. Quel est le bilan finalement? Si quelqu’un a connaissance d’études à ce propos, ça m’intéresse!

    Pareil sur la pertinence de la dématérialisation de l’information d’ailleurs. Il est clair que si on tient compte de tout la filière extraction > fabrication > distribution > utilisation > gestion des déchets, l’informatique est loin d’être propre mais il doit clairement y avoir des applications où il est très intéressant d’y recourir, non seulement pour ses aspects pratiques mais aussi pour le plus écologique qu’elle peut apporter. Et puis le coût marginal du stockage d’information diminue constamment donc pour tout ce qui relève de l’archivage (médical, administratif, etc), ça me parait être bénéfique…

    Qu’en pensez-vous?

    (Merci pour le lien Green IT, ça a l’air intéressant!)

  8. Green IT's Gravatar

    Rédigé par Green IT, le 23.10.09 à 12:35

    « le coût marginal du stockage d’information diminue constamment »
    OUI en terme économique
    NON en terme d’impact environnemental

    Sur le co-voiturage et la dématérialisation, à ma connaissance, il n’y a pas encore d’étude sérieuse – analyse du cycle de vie (ACV) – sur une scénario d’usage précis qui ait déjà été réalisée. Or, le bilan est certainement positif dans certains cas, mais pas dans tous. Il faut donc faire gaffe à ne pas être contre-productif avec de fausses bonnes idées.

    Exemple d’effet rebond : on n’a jamais autant utilisé de papier que depuis que l’informatique existe (consommation mondiale en croissance de 3% par an depuis 10 ans). Concernant le commerce électronique par exemple, qui est censé réduire les émissions de GES liées aux déplacements du consommateur, dans de nombreux pays c’est UPS ou Fedex qui livre le client. Le bilan est donc quasiment le même…

  9. iryx's Gravatar

    Rédigé par iryx, le 23.10.09 à 12:49

    C’est vrai qu’à première vue, si on compare le circuit grande distribution déplacement du client jusqu’au magasin au circuit Fedex/UPS/Chronopost livraison en camionette depuis le centre logistique local, ça ne fait pas des masses de différences. Je pointerai juste que la différence c’est que chaque achat engendre un trajet complet, souvent dans des circuits différents, et que les colis ne sont pas regroupés, contrairement aux achats en distribution classique.

    Par contre, j’aimerai avoir plus d’explication sur le fait que l’impact environnemental marginal ne diminuerait pas, tout comme le coût. D’années en années, le prix/Go des disques durs n’a fait que chuter. Hors, à peu de choses près, un disque dur actuel n’est pas constitué de plus de matière première qu’il y a quelques années et les techniques de productions sont sensiblement identiques, non? Il me semble que c’est principalement techniquement (avec le stockage perpendiculaire et la densification des plateaux) qu’on a accompli des progrès. Toutes les infos sont les bienvenues!

  10. Green IT's Gravatar

    Rédigé par Green IT, le 25.10.09 à 20:54

    Le problème ce n’est pas la capacité de stockage par disque dur, mais sa durée de vie. D’une part, la durée de vie d’un disque dur n’excède plus 5 ou 6 ans. Ils sont généralement garantie 1 à 3 an(s). Les entreprises n’utilisent que du matériel garanti.

    D’autre part, après quelques années, les formats techniques ne sont plus les mêmes. Et c’est valable autant pour les interfaces des disques (IDE, S-ATA, etc.) que pour les formats de documents. Quel utilisateur moyen sera-t-il capable de lire un document au format Quattro Pro ou Lotus ?

    Donc à l’échelle d’une vie d’homme qui souhaiterait par exemple, dématérialiser ses bulletin de salaire et stocker toutes ses photos numériques (disons pendant 40 ans), ça fait un paquet de disques durs et de supports intermédiaires ! sans compter que pour qu’une sauvegarde soit informatique soit fiable, il faut qu’elle soit dupliquer au moins dans 2 endroits différents, voir idéalement 3.

    Bref, le terme « dématérialisation » est un faux amis. On ne dématérialise rien du tout. Et l’impact environnemental des nouveaux supports est, peut être, tout aussi important que celui du papier.

  11. iryx's Gravatar

    Rédigé par iryx, le 25.10.09 à 21:09

    Tous ces éléments sont très pertinents et je ne mettrai donc pas ma main à couper qu’un archivage sur disque dur soit à privilégier par rapport à un stockage papier mais laissez-moi quand même penser que c’est loin d’être une piste à abandonner! :-)

    Les normes évoluent mais bien lentement en comparaison d’autres composants informatiques. Et le format utilisé pour les documents pose évidemment problème mais si, par exemple pour l’archivage des dossiers médicaux, on utilisait le JPEG pour les clichés, du simple texte encodé en UTF-8 pour les protocoles associés et des tableaux en XML, on pourrait déjà être efficace sur le long-terme. Évidemment, si on travaille avec des formats de documents propriétaires (et malheureusement on n’y a que trop souvent recours) on va droit dans le mur…

    Et si on opte pour un double backup, on fait mieux qu’avec un format papier puisqu’on lutte beaucoup mieux contre des attaques matérielles contre les archives.

    Tout ceci, avec l’avantage que des données sous forme numériques sont plus facilement « recherchables » et accessibles, c’est non-négligeable.

  12. Gizmo's Gravatar

    Rédigé par Gizmo, le 26.10.09 à 12:41

    En tout cas, je ne suis pas expert dans le domaine et donc je lis vos paroles avec beaucoup d’attention car je trouve le débat très intéressant…

    Je pense qu’il serait vraiment hyper intéressant de mener des études poussées sur les conséquences d’un archivage « virtuel » par rapport à un archivage papier, ne serait-ce que pour les volumes à héberger comme disait jkb. En plus, plus besoin de transport, facilités d’accès etc etc… Les archives papiers (bibliothèques etc) sont de moins en moins consultées par tous (surtout les étudiants mais ça s’étend avec le temps) avec l’arrivée de bibliothèques scientifiques en ligne !

    Est-ce un bien ou un mal ? Difficile à dire car au lieu d’aller à la bibliothèque consulter un bouquin, les étudiants ont tous (ou presque) un ordinateur… Si vous avez des lectures sur le sujet ou des choses à partager, je suis preneur ! (ou si vous souhaitez rédiger un article, le site est preneur également ;-) )

  13. iryx's Gravatar

    Rédigé par iryx, le 26.10.09 à 15:09

    C’est clair que ce serait très utile de faire une étude sur ce sujet, en essayant de tenir compte de tous les éléments avancés (et d’autres aussi) et si possible en établissant un système de critères (mêmes imparfaits) qui permettraient à tout un chacun (particulier, entreprise, organisation) de donner un score d’efficacité en terme de fonctionnalité, de durabilité et d’impact environnemental de quelques solutions types de stockage (peut-être pas juste tout papier ou tout informatique mais d’éventuels intermédiaires aussi).

    C’est vraiment une vaste problématique! Y en a qui ont des thèses à rédiger et qui sont très libres au niveau du choix du sujet? :-)

  14. Bruxelles mise sur le label Energy Star | Energethique's Gravatar

    Rédigé par Bruxelles mise sur le label Energy Star | Energethique, le 03.11.09 à 12:14

    [...] Star est un label à la base américain (dont on vous touchait quelques mots ici), chargé de certifier l’efficacité énergétique de certains équipements dits [...]

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