12 août
Les raisons psychologiques à la lenteur du passage au vert
Un groupe de travail de l’American Psychological Association se penche actuellement sur les relations entre la psychologie et le changement climatique.
Après des années de recherches menées dans le domaine, ils ont réussi à mettre en évidence 6 barrières psychologiques pour une évolution verte de l’humanité.
Ces barrières sont :
L’incertitude
L’éternel débat sur l’existence d’un réel changement climatique dont on ne discerne pas encore bien les conséquences réduit l’implication des gens. Le doute l’emporte sur l’initiative verte…
La méfiance
La population aujourd’hui ne sait plus réellement vers qui se tourner, qui croire. Cette méfiance envers les autorités scientifiques ou politiques se traduit par une méfiance envers le message qu’ils véhiculent.
La négation
C’est la barrière anciennement la plus répandue. Aujourd’hui, elle ne s’applique plus qu’à une minorité de personnes qui pense qu’il n’y a pas de changement climatique ou qu’il n’est en tout cas certainement pas du à l’activité humaine. Personnellement je ne rencontre plus personne qui tient ce discours, néanmoins je trouve que cette vision des choses permet d’alimenter le débat, malheureusement, ça peut dérouter certains comme on l’a vu précédemment.
La sous-estimation du risque
Même si aujourd’hui beaucoup pensent que le changement climatique est une réalité, une majorité pense qu’il n’aura pas de conséquences avant bien longtemps et qu’il nous reste encore quelques décennies pour trouver une solution et agir.
L’impuissance
Beaucoup de gens pensent qu’il est inutile de faire un effort car ce ne sera qu’une goutte d’eau dans un océan. Ce sont ceux que je rencontre le plus souvent, accusant par exemple la Chine d’ouvrir une centrale au charbon alors qu’eux utilise de l’électricité provenant de centrales nucléaires belges… Alors qu’un Chinois consomme encore à l’heure actuelle moins de la moitié de notre consommation ! Pourquoi réduire si le voisin ne le fait pas ?
L’habitude
Evidemment, c’est pour moi une des barrière les plus coriaces, elle se fait moins consciemment que l’impuissance et il est donc plus dur de s’en débarrasser, même lorsqu’on est convaincu qu’il faut agir.
Alors, dans quelle catégorie vous situez vous ? Personnellement, j’ai malheureusement trouvé la mienne je crois…




Rédigé par Vinch, le 12.08.09 à 15:56
Y a encore une catégorie importante, peut-être la plus importante. C’est celle des gens qui essaient de faire partie de la norme, et qui ne veulent pas être catalogués comme idéologistes, écologistes, militants ou je ne sais quoi.
C’est pas « cool » d’être gentil, il vaut mieux être « à l’aise ». Quelqu’un qui se préoccupe des autres, c’est une victime de la société; quelqu’un qui s’en fout, c’est un winner, rien ne l’atteint. Et il n’y a qu’un pas, qui sépare un bénévole dans le milieu associatif ou un allumé qui se verrait bien vivre dans la forêt vierge et un type qui fait simplement gaffe à sa consommation d’eau.
Rédigé par Gizmo, le 12.08.09 à 16:06
Héhé, je vois exactement de quoi tu parles, depuis que j’ai démarré ce site, je passe pour l’écologiste extrême auprès de certains alors qu’à la base, c’est surtout l’énergétique qui m’intéresse plus que l’écologie
Je ne t’apprends rien, tu dois également savoir ce que c’est dans le milieu associatif !
Mais bon, c’est plutôt lié au comportement général je crois, la peur d’être jugé pour ses actions, je ne sais pas si ça rentre dans ce cadre d’étude spécifique au changement climatique car si justement l’écologie devient un phénomène cool, ce genre d’individu suivra la tendance générale. Néanmoins tu fais bien de le signaler, merci
Rédigé par Doug, le 12.08.09 à 19:05
Malheureusement je crois qu’il faudra passer par cette étape » d’ecological trends » pour entrainer une prise de conscience de masse. Le problème est que la mode à fortement tendance à être démodée après un certain temps alors qu’il y a une nécéssité d’action à long terme ne montrant pas directement des résultats probant…
Mais je crois que tu pourrais scinder la catégorie « habitude » en « habitude/fénéantise » qui ne peut souvent être combattue que par une action d’assechement des portes-feuilles!
Comme Cloclo aurait pu nous le chanter : « Comme d’habitude quoi! »
Rédigé par Gizmo, le 12.08.09 à 20:06
Et oui, on en revient toujours à la même conclusion, si on ne peut créer une pensée écologique massive, il faudra que ça passe par l’économie…
Merci Doug pour ton commentaire !
Rédigé par oldschool, le 12.08.09 à 21:43
Je plaide coupable… L’habitude, c’est tenace… :-/
Rédigé par Gizmo, le 12.08.09 à 22:54
Au moins je me sens moins seul, merci oldschool
Rédigé par MK, le 13.08.09 à 10:36
Aucune proposition sérieuse. Aucun business model crédible. Aucune preuve scientifique qui démontre de manière sans équivoque l’impact de l’Homme sur le climat. Des groupes écolos qui ressemblent de trop à des groupes religieux. La Politique qui y met son nez. Une presqu’interdiction de penser le contraire. Des « solutions » (= nouvelles taxes) qui n’en sont pas…
Rédigé par Gizmo, le 13.08.09 à 11:00
Peux tu me dire ce dont tu veux parler quand tu parles de business model ? Je ne vois pas où tu veux en venir.
Sinon le sujet ici est plutôt de savoir comment tu te positionnes, pas de lancer un débat, ce serait donc la méfiance ou la négation pour toi ?
Es-tu hyper renseigné sur le domaine ? J’aimerais avoir des contre-arguments clairs et précis car on connaît ceux qui soutiennent la thèse du changement climatique mais pas vraiment les détracteurs. Moi, quand je ne peux réaliser moi même une étude complète du sujet, je me fie aux experts dans le domaine, en l’occurrence le GIEC…
Rédigé par Vinch, le 13.08.09 à 18:57
MK > Si c’est vrai qu’il y a des écolos qui se convertissent au boudhisme, se traitent aux médecines parallèles, deviennent végétarien par conviction, ne boivent que du thé vert et écoutent des musiques de massage, je ne pense pas que ce soit le cas de tous les écolos. Je connais plein de gens, convaincus que l’homme doit faire attention à son impact sur la planète, et qui n’ont absolument rien de religieux, de militant. Ils ne présentent aucun des symptômes décrits ci-dessus. Ce sont juste des gens conscient qu’il y a des interactions et équilibres extrêmement complexes dans la biosphère et que trop les perturber, et qui voudraient éviter de foutre le boxon en perturbant trop tout ça.
Quand on a affaire à un système aussi complexe que notre planète, un système dont on est loin d’avoir compris toutes les subtilités, il est pratiquement impossible de trouver des preuves irréfutables de quoi que ce soit. Mais le rapport 2007 du GIEC, un rapport tout à fait scientifique, confirme le rôle important tenu par l’activité humaine dans le réchauffement climatique. Le rapport est disponible sur leur site.
On manque en effet de solutions miracles pour réagir à ce problème… Mis à part gérer au mieux sa consommation. Mais « the American way of life is not negociable » (G. HW. Bush, Rio de Janeiro, 1992)
Rédigé par yogi, le 17.08.09 à 21:50
On peut aussi être militant sans être fanatique…
L’épistémologie de la science actuelle repose sur le principe qu’on ne peut que prouver qu’une théorie est fausse. Les éléments qui la confirment la renforcent, mais toujours en attendant la preuve du contraire.
Rien ne prouve que l’homme agit directement sur le réchauffement climatique, mais rien ne prouve le contraire (à l’heure actuelle en tout cas).
Dans le doute, n’est il pas plus raisonnable d’être simplement prudent et de faire comme si la théorie était juste?
Sinon perso je me classe aussi dans les victimes de Cloclo, même si j’essaie de faire attention.